Attention, danger !!!
Didiervall voulait parler d'autre chose ce week-end, mais j'avais pas vu, alors j'en remets une couche !
Émoi après un passage à tabac en règle de deux jeunes en banlieue de Rouen, filmé par un amateur et diffusé sur France 3.
Les images ne sont pas de très bonne qualité. Mais suffisamment éloquentes pour qu’elles laissent sans voix. On y voit un jeune à terre, les mains dans le dos, tabassé par des policiers lâchant les chiens sur lui, puis se faire ensuite étrangler et enfin jeter dans le fourgon comme un sac de patates. Ces images, ce sont celles d’un amateur, Romain, habitant ce quartier résidentiel de Mont-Saint-Aignan, dans la banlieue de Rouen, et elles ont été diffusées par nos collègues de France 3 Normandie avant-hier en milieu de journée. Depuis, elles ont fait le tour des télés et provoqué, par leur violence, un émoi important, même si l’on ne pourra que dénoncer le silence de la presse hier.
Des maîtres-chiens…
À l’origine, un banal accident de la route, mardi soir vers 22 h 45 place Colbert : la voiture de deux jeunes étudiants, âgés de 20 et 21 ans et inconnus des services de police, percute un lampadaire. Certains font état d’une rixe entre les deux jeunes et trois personnes sur place mais sans qu’on puisse savoir si c’était avant ou après l’accident. En tout état de cause, la police a été appelée. Et arrive en force. Pas moins de cinq véhicules, plus d’une dizaine de fonctionnaires. De la police nationale mais aussi municipale, des maîtres-chiens…
D’après les témoignages, le contrôle, au départ, se serait bien passé. Mais, très vite, l’un des deux jeunes aurait voulu s’y soustraire. Il se fera alors, comme on peut le voir sur les images, plaquer la tête sur le toit de sa voiture et frapper violemment. Ce sera ensuite au tour de son camarade d’infortune, à terre, menotté dans le dos, de subir un passage à tabac en règle.
Hier, ces deux étudiants, contre l’avis du parquet qui avait requis leur maintien en détention, ont été remis en liberté après que leur garde à vue a été prolongée, l’un d’eux ayant dû passer par la case « hôpital ». Ils ont été mis en examen, comme l’a expliqué le procureur de la République, Joseph Schmit, pour outrages envers des agents de la force publique, rébellion, menaces de mort, violences et conduite en état d’ivresse. S’ils ont reconnu les faits, ces jeunes ont dénoncé les « violences policières » et devaient hier, sur les conseils de leur avocat, Me Fabien Picchiottino, porter plainte après avoir fait constater les coups qu’ils ont reçus.
Mais l’affaire ne saurait s’arrêter là. Qui plus est, à quinze jours du premier tour de la présidentielle, à l’issue d’une campagne électorale où l’on aura vu certains candidats pousser pour que le thème de l’insécurité, après ce qui s’est passé à la gare du Nord, ressurgisse comme en 2002. Le préfet de Seine-Maritime, Jean-François Carenco, a saisi « le cabinet du ministère de l’Intérieur aux fins qu’une enquête administrative soit diligentée par l’IGPN (la police des polices) sur la consistance réelle des faits présentés et sur les suites à y donner ».
Rodney King
S’appuyant sur les comptes rendus de la police, il explique que « les individus en cause ont gravement agressé les policiers, ont proféré des menaces de mort tant à l’encontre des fonctionnaires de police que de leur famille », mais il estime que « la question qui se pose est celle de la proportionnalité de l’usage de la force ». Ajoutant : « Les procédures de droit sont désormais à l’oeuvre pour faire toute la lumière sur cet incident grave s’il est corroboré par l’enquête conduite sous l’autorité du procureur de la République. » Le Parquet de Rouen a également ouvert une enquête. Mais, demander aux « boeufs carotte » de faire leur boulot, c’est bien la moindre des choses.
De son côté, l’UNEF de Rouen a décidé d’organiser mardi prochain une journée « fac morte ». Adile, l’un des militants du syndicat étudiant, est « surpris par la violence des policiers. Mais pas par la pression qu’ils nous font subir. Des contrôles, quand on est étudiant, on en subit tous les jours ». D’ailleurs, ayant pu discuter avec l’un des deux jeunes, il revient sur les faits : « On dit qu’ils étaient en état d’ébriété. Certes. Mais, s’ils ont refusé le contrôle d’identité, c’est parce qu’ils connaissaient la police et que la police était censée les connaître. Non parce que ce sont des délinquants mais parce qu’ils se sont déjà fait, comme nous tous, contrôler. Ils auraient insulté les policiers ? Peut-être… Mais parce que les policiers les auraient insultés, les traitant de “fils de pute”. Ce à quoi ils auraient répondu : “Les putes, ce ne sont pas nos mères mais vous.” À ce moment, les policiers leur auraient dit : “Ici, il n’y a pas de témoin. Si vous voulez, on va vous faire comme à Rodney King…” » Hélas, pour ce policier, si ces déclarations sont avérées, il y avait, là aussi, une caméra.
L’Humanité, 7 avril 2007
Comments
Marie aimait bien se prendre une matraque dans le cul, surtout pas de violences les enfants, c'est le papa qui à raison l'autre c'est le docteur de la maman.
(seulement le docteur Illépula)
ça rappelle aussi Eunice Barber, qui se fait tabasser par 9 flics "agressés", filmée, devant sa mère qui subit des insultes racistes, juste parce qu'elle a refusé de tourner à droite. waouhhhh!
la France qui copit l'amérique? oui, oui...mais la justice n'est pas la même , les droits citoyens ne sont pas défendus pareils; Eunice Barber elle s'est pris des articles de presse dès le lendemain dénonçant son agressivité, sa violence, son "refus d'obtempérer" face à un policier poli et courtois.
y a un flic qui disait que les heurts dans les banlieues c'était tous les jours...ah oui? mais que fait la police?; non, sérieux si c'est le cas, quand les médias sont muselés, et la justice inopérante, ça va donc s'aggraver? ceici dit les centres villes on dirait des banlieues de chicago quand même, donc à l'arrivée ça va surement frotter le crépi.
...
au cas où : la vidéo de rodney king est là
et pour ce dessin des keuf en sucre d'orge....sweet!